Éjaculation précoce : comprendre le trouble et ses solutions
Lorsqu'elle devient chronique, l'éjaculation précoce peut être difficile à vivre pour l'homme et sa partenaire. Quand parle-t-on d'éjaculation prématurée et quelles sont ses implications ? Comment éviter l'éjaculation précoce au quotidien ? Nous faisons le point sur les caractéristiques, les causes, les solutions et les traitements de ce trouble très fréquent chez les hommes de tous âges.
Qu’est‑ce que l’éjaculation précoce ?
L’éjaculation précoce (EP) est un trouble de la sexualité qui se traduit, chez les hommes, par le fait d’éjaculer trop vite. Cette dysfonction est associée à une incapacité à contrôler le réflexe d'éjaculation. Dans les cas les plus graves, l’éjaculation rapide peut survenir avant la pénétration, ou moins d’une minute après.
On distingue l’éjaculation précoce primaire et secondaire (ou acquise). La première touche les hommes dès les premiers rapports sexuels. La seconde apparaît de manière progressive ou brutale chez les hommes qui ne présentaient auparavant aucun symptôme.
Différence avec l’éjaculation normale
L'éjaculation normale intervient entre 5 et 6 minutes suivant le début de la stimulation sexuelle. Dans le cas d'un rapport avec pénétration, elle survient donc environ 5 minutes après pénétration intravaginale.
Dans le cas d'une éjaculation précoce, le temps de latence entre le début de la stimulation sexuelle et l'expulsion du sperme est de 3 minutes au maximum. Le sujet présente une incapacité à contrôler ou retarder l'éjaculation. Parfois, celle-ci a lieu avant même la pénétration vaginale, ou dans la minute qui suit le début de la stimulation sexuelle.
L'éjaculation rapide est involontaire et prématurée, c'est-à-dire qu'elle a lieu avant que l'homme ou sa partenaire ne le veuillent.
Prévalence et impact sur la vie sexuelle
L'éjaculation précoce touche entre 20 et 30% des hommes. Il s'agit du premier trouble sexuel chez les sujets jeunes de moins de trente ans. Cette affection peut entraîner, chez les hommes atteints, une souffrance psychologique qui se traduit par une faible estime de soi, un mal-être voire une dépression. Certains hommes vont même abandonner toute relation amoureuse ou sexuelle, par peur de se retrouver dans cette situation.
Elle peut également avoir de multiples conséquences au sein du couple : frustration, sentiment d'échec ou de culpabilité voire évitement des rapports intimes et sexuels.
Comment fonctionne l’éjaculation ?
Au niveau physiologique, l'éjaculation se traduit par l'expulsion spasmodique du sperme, durant un rapport sexuel ou une masturbation. Elle survient de manière réflexe après stimulation du pénis, souvent au même moment que l'orgasme.
Concrètement, elle se déroule en plusieurs étapes :
- L'excitation sexuelle chez l'homme provoque la sécrétion du liquide pré-séminal, ou liquide pré-éjaculatoire, par les glandes de Cowper. Ce liquide va lubrifier l'urètre afin de préparer le mécanisme d'expulsion du sperme.
- Le sperme est émis dans l'urètre par les canaux éjaculatoires situés dans la prostate.
- L'entrée de la vessie se ferme par réflexe, afin d'éviter une éjaculation rétrograde (émission du sperme à l'intérieur de la vessie).
- Les muscles de l'urètre, du périnée et de l'appareil génital interne se contractent conjointement et de manière saccadée, pour expulser le sperme.
- Au moment de l'éjaculation ou juste après, le cerveau répond par la libération d'endorphines, l'hormone du plaisir : c'est l'orgasme. Les signes varient d'un homme à un autre : augmentation du rythme cardiaque et de la pression artérielle, spasmes, frissons, sudation, contractions musculaires, dilatation des pupilles...
Rôle du système nerveux
Le système nerveux joue un rôle central dans le mécanisme de l'éjaculation. Lorsqu'elle reçoit des messages sensoriels provenant de la stimulation du pénis ou des autres organes génitaux, la moelle épinière agit comme un véritable centre de commande. C'est elle qui envoie les ordres aux organes et muscles impliqués dans la coordination et le déclenchement de l'éjaculation.
Quant au cerveau, il coordonne l'excitation sexuelle en orchestrant l'activité des systèmes sympathique, parasympathique et moteur, ce qui permet de préparer le corps à l'éjaculation, puis de déclencher l'orgasme.
En fonction des signaux chimiques qu'il transmet à la moelle épinière, le cerveau peut accélérer ou retarder l'éjaculation.
Facteurs influençant le réflexe d’éjaculation
Plusieurs facteurs peuvent précipiter, ou au contraire freiner, le réflexe d'éjaculation :
- Le niveau d'excitation sexuelle
- Le stress, l'appréhension ou l'anxiété
- La fatigue
- La prise de médicaments, d'alcool ou de drogues
- Le contexte émotionnel dans le couple (expérience sexuelle, attention, écoute...)
Causes de l’éjaculation précoce
L'éjaculation précoce peut être causée par des facteurs physiologiques, des déclencheurs psychologiques ou une combinaison des deux.
Facteurs biologiques
Parfois, les problèmes d'éjaculation peuvent être liés à une condition médicale, comme une inflammation de la prostate, une hyperthyroïdie, un diabète, des troubles neurologiques ou une pathologie urogénitale. Le mode de vie peut aussi avoir une incidence sur l'éjaculation précoce. Tabac, alcoolisme, obésité, sédentarité ou même stress et fatigue chroniques peuvent altérer le contrôle de l'éjaculation.
Déséquilibres neurochimiques
Certains déséquilibres neurochimiques peuvent expliquer une éjaculation précoce s'ils touchent des neuromédiateurs impliqués dans le mécanisme de l'éjaculation, comme la sérotonine, la dopamine et l'ocytocine.
Hypersensibilité pénienne
L'éjaculation rapide peut également s'expliquer par une sensibilité particulière du pénis et des organes génitaux. Par exemple, une hypersensibilité du gland favorise une stimulation excessive du réflexe éjaculatoire. Un gland sensible peut avoir deux causes : de nature neuronale (sensibilité du nerf dorsal du pénis) ou anatomique (hypertrophie du prépuce, par exemple).
Causes psychologiques et comportementales
Le système nerveux joue un rôle clé dans le contrôle de l'éjaculation. Il n'est donc pas surprenant qu'une éjaculation rapide puisse avoir des facteurs psychologiques. Par exemple, une dysfonction érectile passée ou présente, qu'elle soit occasionnelle ou fréquente, peut entraîner une éjaculation précoce. Cela s'explique par une peur, consciente ou non, de ne pas réussir à maintenir l'érection suffisamment longtemps.
De même, une dysfonction sexuelle du sujet ou de sa partenaire peut également agir comme un frein psychologique. Elle peut inhiber la capacité à déclencher ou maintenir une érection ou, au contraire, précipiter l'excitation et l'éjaculation.
Stress, anxiété et performance sexuelle
Le stress et l'anxiété peuvent impacter le mécanisme de l'éjaculation en agissant au niveau psychologique. Aussi, certains comportements sexuels peuvent être facteurs d'éjaculation précoce.
Une activité sexuelle très faible ou une longue période d'abstinence peuvent impacter l'éjaculation. Lors des premiers rapports sexuels ou avec une nouvelle partenaire, une difficulté à contrôler le désir, l'excitation ou le plaisir peuvent provoquer une éjaculation prématurée. Toutefois, elle n'est considérée comme un trouble que si elle se produit de manière répétée ou après une période d'activité sexuelle fréquente et satisfaisante.
Influences relationnelles
Les problèmes relationnels peuvent également expliquer le développement d'une éjaculation précoce. Plusieurs facteurs entrent en jeu : la dynamique du couple, les croyances et attentes de chacun (notamment sur le plan sexuel) ou une insatisfaction sont les causes les plus courantes.
Symptômes et signes d’éjaculation précoce
L'éjaculation précoce se caractérise par divers signes cliniques, qu'il est important de connaître afin d'agir rapidement.
Signes caractéristiques
Lors d'un rapport sexuel, l'éjaculation précoce se caractérise par un déclenchement trop rapide de l'éjaculation et une difficulté à la retarder.
Durée d’éjaculation et critères de diagnostic
La durée de l'éjaculation varie d'un homme à un autre, mais aussi en fonction de la situation (masturbation, rapport avec ou sans pénétration...) et de la partenaire. « Ejaculer trop vite » est un concept vague et subjectif, alors comment diagnostiquer une éjaculation précoce ?
Selon les médecins, il faut d'abord regarder la latence éjaculatoire intravaginale (LEI), c'est-à-dire, la période de temps entre la pénétration et l'éjaculation, lors d'un rapport sexuel avec pénétration intravaginale.
Lors d'une éjaculation normale, la LEI se situe entre 5 et 6 minutes en moyenne. Chez les patients atteints d'éjaculation précoce, on observe une latence éjaculatoire intravaginale de moins d'une minute, une incapacité à retarder l'éjaculation ainsi qu'une souffrance psychique ou émotionnelle induite par la situation.
Conséquences émotionnelles et relationnelles
Chez les hommes qui présentent une éjaculation précoce, les conséquences émotionnelles peuvent être lourdes. Sentiment d'échec ou d'humiliation et manque de confiance en soi peuvent nourrir une inhibition fonctionnelle qu'il sera ensuite plus difficile de vaincre. Dans certains cas, les sujets peuvent redouter voire éviter l'acte sexuel, par peur de vivre un échec personnel ou de décevoir leur partenaire, et même renoncer à toute relation amoureuse ou sexuelle.
Diagnostic médical
Comme pour toute affection complexe, le processus menant au diagnostic de l'éjaculation précoce comprend plusieurs étapes et mesures.
Consultation et anamnèse
Le diagnostic de l'éjaculation précoce repose d'abord sur un interrogatoire chez le médecin, puis sur un examen clinique qui permettra d'approfondir les causes possibles de la dysfonction.
Lors de la première consultation, le médecin pose des questions qui vont lui permettre de définir le type d'éjaculation précoce (primaire ou secondaire, situationnelle ou généralisée).
Il peut demander les informations suivantes :
- Ancienneté et fréquence de l'éjaculation précoce
- Temps de latence éjaculatoire intravaginale
- Capacité du sujet à retarder l'éjaculation
- Impact émotionnel de cette affection sur lui-même et dans son couple.
Le médecin va également rechercher un trouble érectile, en demandant au sujet s'il a du mal à maintenir une érection, ou si celle-ci est suffisamment rigide pour permettre la pénétration.
Enfin, le docteur pratique une anamnèse, c'est-à-dire, un retracement des antécédents personnels, psychologiques et médicaux du patient. Il va, par exemple, chercher à savoir si le sujet est stressé ou anxieux, s'il prend un traitement, s'il présente les symptômes d'une infection génito-urinaire, s'il a eu des troubles sexuels dans son passé ou s'il a vécu des épisodes traumatisants, comme des violences sexuelles. Il va aussi lui poser des questions sur son mode de vie.
Critères d’évaluation standardisés
Pour poser son diagnostic, le médecin se réfère aux critères d'évaluation standardisés de l'éjaculation précoce :
- une latence éjaculatoire intravaginale de moins d'une minute
- l'incapacité à retarder l'éjaculation
- une souffrance personnelle ou un impact sur la relation de couple
Il est important de noter que chez certains couples, l'éjaculation rapide de l'homme ne pose pas de problème, car les deux partenaires adaptent leurs pratiques sexuelles à une latence éjaculatoire très courte. On ne pose un diagnostic d'éjaculation précoce que lorsqu'il y a un impact émotionnel sur le patient ou sur sa relation. L'examen clinique, les tests complémentaires et la prise en charge ne sont recommandés que si les trois critères d'évaluation standardisés sont réunis.
Examen clinique et tests complémentaires
Après la pose du diagnostic, l'examen clinique permet de trouver la cause de l'éjaculation précoce. Le médecin recherche des signes d'hyperthyroïdie et examine le pénis du sujet (anatomie, sensibilité exceptionnelle du gland...). Il pratique également un examen périnéal et évalue les symptômes d'une prostatite. Si besoin, et en fonction des résultats de l'examen clinique, il peut réaliser des tests complémentaires, comme un bilan hormonal ou le dosage de la TSH.
Ces examens permettront de définir la raison de l'éjaculation rapide, afin de poursuivre avec une prise en charge efficace.
Options de traitement
L'éjaculation précoce étant multifactorielle, les mesures thérapeutiques mises en œuvre peuvent varier.
Approches comportementales et exercices
Les hommes qui présentent un trouble de l'éjaculation sans facteurs physiologiques peuvent commencer par une thérapie comportementale. On recommande la pratique d'exercices qui vont permettre de retarder l'éjaculation lors du rapport sexuel.
- Le stop-and-go : technique qui consiste à stopper tout mouvement intravaginal au moment où l'on sent arriver l'éjaculation. Cela provoque une baisse de l'excitation. Le sujet peut ensuite reprendre le mouvement et réitérer l'exercice pendant quelques minutes, avant d'éjaculer lorsque lui et sa partenaire seront prêts.
- Le squeeze : technique qui consiste à comprimer le pénis pendant 3 ou 4 secondes pour bloquer l'éjaculation. Là aussi, on peut reprendre la stimulation du pénis lorsque l'excitation a baissé. L'exercice peut être répété 3 à 5 fois pour retarder l'éjaculation.
L'inconvénient de ces techniques est qu'elles nécessitent de bien reconnaître les sensations du point de non-retour. Il est donc conseillé de les pratiquer régulièrement, d'abord seul, puis à deux.
La thérapie comportementale peut engendrer de la frustration au début : il faut faire preuve de patience et de motivation, mais aussi être bien accompagné.
Enfin, ces exercices permettent de gagner en confiance en apprenant à contrôler l'excitation, le plaisir et l'éjaculation, mais ils ne seront pas efficaces chez les hommes qui ont des problèmes physiologiques, comme une sensibilité extrême du pénis, une thyroïdite ou une prostatite.
Thérapies psychosexuelles
Si les exercices ne donnent pas l'efficacité escomptée, il est possible de se tourner vers une prise en charge psychosexuelle. Ce type de thérapie a pour but de réapprendre à connaître et contrôler les sensations pré-éjaculatoires, pour mieux identifier le point de non-retour. Le psychothérapeute peut également réaliser une étude des facteurs psychologiques qui entrent en jeu.
Traitements médicamenteux
Les traitements médicamenteux font parties des solutions les plus efficaces pour soigner l'éjaculation précoce. Dans la plupart des cas, le docteur prescrit des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) disponibles sur ordonnance en pharmacie. Il existe plusieurs types de traitements inhibiteurs : certains sont à prendre 1 à 3 heures avant le rapport sexuel et d'autres sont administrés en prise continue. Ces médicaments ont une bonne efficacité puisqu'ils permettent de multiplier le temps de latence éjaculatoire par 3 ou 4.
Le médicament officiellement indiqué pour traiter l'éjaculation précoce, le Priligy / Dapoxétine (un ISRS à action rapide), retarde l'éjaculation et améliore le contrôle.
Il existe également des crèmes, gels et sprays anesthésiants (comme EMLA), à appliquer sur le gland 10 à 15 minutes avant un rapport, pour réduire la sensibilité et retarder l'éjaculation. Ces solutions sont efficaces, mais elles ne vont pas résoudre la raison de l'éjaculation prématurée. Ce sont plutôt des remèdes temporaires.
Le spray Fortacin combinant l'action de la lidocaïne et de la prilocaïne séduit particulièrement les hommes parce qu'il s'agit d'un médicament pour précoce sans ordonnance. Cependant, ce traitement se trouve souvent en rupture de stock et il est, de manière générale, peu recommandé de prendre un médicament sans l'avis préalable d'un spécialiste.
Enfin, selon la cause du trouble, des antidépresseurs peuvent être prescrits. Ils s'avèrent efficaces pour retarder l'éjaculation lorsque la raison du trouble est psychologique.
Techniques de gestion de l’excitation
Les médicaments tels que les crèmes, les inhibiteurs et les antidépresseurs ont une efficacité prouvée, mais ils ne constituent qu'une solution temporaire. Pour vaincre l'éjaculation précoce, il est souvent nécessaire de pratiquer une rééducation, en réapprenant à gérer son excitation.
Dans certains cas, l'augmentation de la fréquence des éjaculations peut résoudre le problème, surtout s'il est lié à une abstinence, une frustration ou une difficulté à gérer son désir lors d'une stimulation sexuelle. Il existe plusieurs solutions : la masturbation, les rapports avec ou sans pénétration, et les préliminaires.
D'autres techniques peuvent apprendre aux hommes à mieux gérer leur excitation lors d'un rapport : varier les préliminaires et augmenter leur durée, prendre le temps durant le rapport et ne pas hésiter à faire des pauses. Le but est de reprogrammer le cerveau à ne pas chercher à atteindre l'orgasme trop rapidement.
Enfin, changer de position sexuelle peut également aider. Par exemple, la position sur le dos diminue la tension musculaire et permet une respiration abdominale afin de mieux gérer l'arrivée de l'éjaculation.
Approches combinées
Le traitement de l'éjaculation précoce peut nécessiter la combinaison de plusieurs approches, parmi celles que nous venons de voir.
Conseils pratiques et stratégies d’autogestion
Ne laissez pas l'éjaculation précoce compromettre votre bien-être sexuel. Voici quelques stratégies que vous pouvez adopter au quotidien pour vous épanouir dans votre vie sexuelle.
Techniques pour retarder l’éjaculation
En dehors de la thérapie comportementale et des exercices de gestion de l'excitation, il existe d'autres moyens de retarder l'éjaculation au quotidien. Il s'agit de méthodes qui, à force de pratique lors de la stimulation sexuelle, permettront d'apprendre à contrôler l'éjaculation :
- Adopter une respiration abdominale lente pour ralentir la montée de l'excitation
- Ralentir volontairement le rythme en privilégiant les mouvements lents ou en prenant des pauses
- Se concentrer sur les sensations globales ressenties dans le corps, et non pas uniquement au niveau des parties génitales
- Eviter une surstimulation au début de la masturbation ou du rapport, en optant plutôt pour une stimulation lente et progressive
En cas de sensibilité du gland, des solutions comme les crèmes, les sprays à base de lidocaïne ou le préservatif retardant peuvent traiter les symptômes du trouble au quotidien, dans l'attente d'une solution qui pourra traiter la cause du problème.
Communication avec le partenaire
Pour les hommes souffrant d'éjaculation précoce, il est essentiel de se sentir en sécurité au sein du couple. Ils doivent être soutenus et rassurés : c'est pourquoi la communication à deux est primordiale. Il ne faut pas hésiter à parler avec sa partenaire afin de dédramatiser le sujet et de bien comprendre que l'éjaculation précoce est un trouble fréquent, qui ne remet pas en question la virilité.
De plus, l'implication de la partenaire permet bien souvent d'obtenir de meilleurs résultats. Le couple peut construire une sexualité moins centrée sur la pénétration, en mettant en place des préliminaires lents et des exercices de thérapie comportementale. L'homme de son côté, ne doit pas hésiter à communiquer pendant l'acte sexuel, par exemple en osant indiquer lorsque l'excitation monte trop vite.
Enfin, la survenue d'une éjaculation précoce ne doit pas être source de stress lors des rapports suivants. Dans le contexte actuel, où les médias nous expliquent comment tenir plus longtemps au lit et introduisent la performance sexuelle comme le secret d'une relation qui dure, les hommes sont soumis à une pression constante. Pour y échapper, il est important d'avancer pas à pas, de ne pas anticiper la situation et de ne pas se comparer aux autres.
Amélioration de la santé sexuelle globale
En prenant globalement soin de leur santé sexuelle, certains hommes précoces pourront déjà observer une amélioration du trouble, sans forcément avoir besoin de prendre des traitements. Il suffit d'intégrer ces conseils simples au quotidien :
- Avoir un sommeil suffisant et de bonne qualité
- Pratiquer une activité physique régulière
- Proscrire l'alcool et les drogues
- Apprendre à gérer son stress et son anxiété au quotidien
- Travailler sur la confiance en soi, notamment sur le plan sexuel
- Eliminer toute pression liée à la performance sexuelle (calcul du temps de latence éjaculatoire, comparaison etc.).
Quand consulter un professionnel de santé?
Il est nécessaire de consulter si la LEI est systématiquement inférieure à une minute, si cette situation a un impact personnel ou relationnel et si l'éjaculation précoce est associée à des symptômes médicaux, comme des douleurs.
Dans un premier temps, il convient de consulter un généraliste. Celui-ci va rechercher une cause biologique ou médicale puis, si nécessaire, orienter le patient vers un spécialiste pour suivre une thérapie.
Questions à poser lors de la consultation
L'éjaculation précoce est un tabou chez la plupart des hommes. Toutefois, il ne faut pas hésiter à poser au docteur toutes les questions nécessaires pour bien comprendre le trouble et ses répercussions. Il est aussi important de demander en quoi consistent les traitements, quelles sont les options et stratégies à mettre en place au quotidien.
Questions fréquentes
Les hommes touchés par l'éjaculation précoce dans le monde entier, y compris en Suisse, cherchent des réponses à leurs préoccupations.
L’alimentation ou les compléments peuvent-ils influencer l’éjaculation précoce ?
Une alimentation saine peut aider les hommes à éliminer certaines causes de l'éjaculation précoce, comme la fatigue ou le stress. Certains compléments alimentaires ont pour but d'aider à contrôler l'excitation, mais ils ne seront pas aussi efficaces que des traitements médicamenteux.
Existe-t-il des boissons ou compléments censés améliorer l’endurance au lit ?
Oui, il existe des compléments alimentaires dont la formule est pensée pour améliorer l'endurance au lit. Par exemple, on retrouve des compléments retardant dont les ingrédients vont apaiser le système nerveux, apporter un boost d'énergie, favoriser la résistance au stress et soutenir l'équilibre hormonal.
L’éjaculation précoce affecte-t-elle la fertilité masculine ?
L'éjaculation précoce affecte la fertilité masculine quand il n'y a pas d'éjaculation intravaginale. Dans les autres cas de figure, il n'y a pas de lien entre éjaculation prématurée et qualité du sperme.
La consommation d’alcool peut-elle influencer l’éjaculation ?
Oui, la consommation d'alcool peut impacter l'éjaculation. Selon les cas, il peut augmenter ou diminuer l'excitation, entraînant des dysfonctionnements érectiles et éjaculatoires.
L’âge influence-t-il le risque d’éjaculation précoce ?
L'âge n'est pas un facteur d'éjaculation précoce. Toutefois, chez certains hommes, l'éjaculation précoce survient à un jeune âge, notamment lors des premiers rapports sexuels, et disparaît ensuite avec l'apprentissage de son corps, de ses désirs et de la gestion de l'excitation sexuelle.
La masturbation fréquente ou peu fréquente a-t-elle un effet sur le contrôle de l’éjaculation ?
Une masturbation fréquente et rapide peut effectivement impacter le contrôle de l'éjaculation. Lorsqu'un homme a tendance à se masturber en allant très vite vers l'orgasme, le cerveau va enregistrer ce schéma comportemental et le réflexe d'éjaculation sera beaucoup plus rapide.
En revanche, une masturbation peu fréquente n'a pas d'impact sur le contrôle de l'éjaculation. Mais pour les hommes atteints d'éjaculation précoce, une masturbation plus régulièrement peut être utile pour réapprendre à mieux connaître son corps, à identifier le point de non-retour, à maîtriser son excitation sexuelle et à reprendre confiance en soi.